Carte blanche à Pascal Comelade

Carte blanche à Pascal Comelade

Parfois réussir à inscrire un artiste dans une saison, donne un sens au tout, sans insinuer bien sûr que les autres sont moins importants. « Ça boucle ». C’est difficile à expliquer, mais c’est comme ça. Pascal Comelade est de cette catégorie d’artistes à qui il est possible de confier une Carte Blanche. Il « boucle » une programmation.

Poursuivi dès son arrivée par le directeur de ce théâtre − donc moi − il fut difficile à convaincre ! Il ne s’agit pas de vanité mais des réelles raisons artistiques et même, si j’ose dire, politiques. Finalement, convaincu, il s’installe sur la scène du Grenat accompagné de son immense talent.

La première personne qui me parla de Comelade est un ami très cher, musicien du quartier de Gracia à Barcelone, Victor Nubla, rejoint peu de temps après par le metteur en scène Ariel Garcia Valdés. Tous deux m’ont fait découvrir un des compositeurs et des musiciens les plus étonnants et géniaux que je n’ai jamais croisé.
Artiste aux multiples facettes, il peut collaborer avec Bob Wilson, Albert Pla, Pau Riba, Robert Wyatt ou PJ Harvey mais est aussi en mesure de refonder la musique populaire avec une Cobla de Sardanes, de se confronter à des poètes comme Enric Casasses, de jouer avec des plasticiens comme
Max ou Miquel Barcelò ou de créer une merveilleuse version de Honky Tonk Women ou encore de réinterpréter la musique électronique.
Classique, moderne, populaire, avant-gardiste, électronique, acoustique, rocker… Inclassable et génial. Comelade joue toujours. La musique est son jouet ! Mais surtout, il débarque enfin à l’Archipel, chez lui.

BORJA SITJÀ